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recit de naissance de bebe

Auteur : Valérie | Date : 10/10/2007

Récit de la naissance de Quentin (césarienne programmée)

6 juillet 2005 au soir…on vient m’expliquer ce qui se passera le lendemain…on m’apporte de la Bétadine (une douche avec au soir puis le lendemain matin après les préparatifs). Papa dort avec moi, nous discutons avec la sage-femme de nuit de la césarienne. C’est la première douche que j’ai le droit de prendre depuis le 14 mai. Quand je pense à toi et à la première fois où je te verrai, je me prépare psychologiquement à avoir un petit bébé rouge, fripé et maigrichon.

7 juillet, 7h, 35SA+2 : une aide-soignante vient s’occuper de moi elle m’apporte un Atarax que je dois avaler avec un minimum d’eau…je vais ensuite prendre ma deuxième douche à la Bétadine et je revêts ma blouse pour le bloc…pas d’angoisse, j’ai bien dormi cette nuit…je prépare le petit sac avec des vêtements de prématurés de 45 cm.

8h10 : le brancardier vient me chercher, je mets ma charlotte et mes chaussons et là l’angoisse monte, une fois dans le couloir…je sais que dans moins d’une heure je serais maman…j’ai peur pour toi et ta santé…tu remues doucement et j’ai mal de savoir qu’on va t’arracher à ton nid douillet, nous nous sommes tellement battus pour que tu y restes le plus longtemps possible ! Papa descend avec nous, malheureusement il n’a pas le droit d’entrer au bloc avec moi, cela aussi c’est très dur à vivre pour moi…

On arrive en bas, le brancardier dit à Papa d’aller s’asseoir dans la salle d’attente, je comprends que je ne le reverrai plus mais pas Papa, qui me m’a pas dit au revoir…Le brancardier me fait rentrer dans la salle…L’anesthésiste m’accueille et me dit « bienvenue dans la salle où votre bébé va naître, je m’appelle Jean-Michel et je suis votre anesthésiste ». On m’installe sur la table, Brassens passe sur le lecteur CD…Je vois cette grosse lampe et j’essaie de ré freiner mes angoisses. Tout le monde vient me dire bonjour et me dire sa fonction : il y a l’anesthésiste et un interne en anesthésie, une sage-femme et un élève sage-femme qui me suivait en grossesse pathologique, la pédiatre qui m’explique ce qu’elle te fera après la naissance et l’interne en obstétrique, celle qui m’a hospitalisée le 14 mai. Ils relisent mon dossier médical et me redemande des confirmations. La sage-femme prend la feuille où sont notés tes prénoms et me redemandent si on n’a pas changé d’avis et je confirme : tu t’appelleras Quentin, Franck (comme Papa), Jean-Marie (comme Papi). Ils sortent tes vêtements et me disent qu’ils sont super mignons, c’est un ensemble blanc et orange avec un petit canard dessus.

On m’explique ce qu’est la rachi-anesthésie, pourquoi ils l’ont choisi comme anesthésie et on fait un essai de position pour le moment où il faudra la faire. On pose le monitoring pendant un quart d’heure, tes battements cardiaques sont impeccables. On me pose une voie dans la main gauche, des électrodes pour suivre mon rythme cardiaque, et le brassard de prise automatique de la tension artérielle au bras droit. Dans la perfusion on me met un flash d’antibiotiques pour éviter les infections. On me met le masque à oxygène pour bien t’oxygéner. J’ai pu garder mes lunettes, quel soulagement ! On m’installe aussi la sonde urinaire, ça ne m’enchante pas mais on m’explique que c’est pour éviter que la vessie ne se gonfle pendant la césarienne.

8h30 : le Docteur Dufour vient d’arriver et se prépare dans la pièce d’à côté, la sage-femme est allée donner à ton papa ses vêtements de bloc, il t’attend dans une pièce près du bloc. L’interne en anesthésie me dit de me mettre en position pour l’anesthésie, menton collé sur la poitrine et dos rond…Première piqûre pour anesthésier la zone puis la seconde c’est la rachi, la première a été plus douloureuse que la seconde. Ils me remettent en position allongée et testent ma sensibilité avec un linge chaud et humide. Ils basculent la table pour bien répartir le produit et aussi pour que je n’ai pas mal au dos, je commençais à avoir mal, la table n’était pas très confortable.

8h35 : le Docteur Dufour entre dans la salle, on prépare un second CD, du jazz cette fois-ci. Le docteur vient me dire bonjour et me dit qu’il me félicitera mais plus tard…Il installe avec l’interne en obstétrique le champ opératoire qui me permet de ne pas voir la césarienne. Tu te niches sur le côté droit…Je n’ai pas senti que l’on m’ouvrait…en revanche je me souviens du bruit de l’aspirateur qui retirait ton liquide amniotique…le docteur te retourne, ce n’est pas douloureux, mais plutôt désagréable, je pense à toi, mon pauvre bébé qui doit te demander ce qu’on te fait…de cette version tu garderas des bleus dans le dos et sur les flancs pendant 2 jours. L’anesthésiste me demande si je veux qu’il me raconte ta naissance, ce que j’accepte…

8h55 : je sens que tu sors…« la tête est en train de sortir ! », puis un cri, tu es né mon fils, je ne réalise pas que je suis maman. Le docteur passe sa tête derrière le champ et me dit d’un air surpris « il est bien gros votre fils ! ». L’interne en obstétrique te prend pour que je puisse te voir en haut du champ mais tout ce que je vois c’est le haut de ton crâne recouvert de vernix, j’essaie de me relever pour te voir. Je n’ai pas pu te voir car tu avais encore ton cordon. Ils coupent ton cordon, essuient ton visage et t’amènent près de mon visage et là c’est le choc ! Tu es si beau, si rose, si dodu ! Tu me regardes de tes grands yeux bleus marine et je te dis « bonjour Quentin, bonjour mon bébé », j’aurai aimé te serrer dans mes bras mais ils sont en croix ce qui n’est pas pratique, je ne pense pas à demander qu’ils te rapprochent de moi pour que je puisse t’embrasser.

Ils t’emmènent ensuite pour faire les examens habituels dans la petite pièce d’à côté où ils font rentrer Papa. La pédiatre revient me voir pour me dire que tu pèses 3,070 kg alors qu’à l’échographie de la veille ton poids était estimé à 2,7 kg (ils m’avait même dit de m’attendre à 2,5 kg). Ils entrouvrent la porte de la pièce d’à côté, je te vois dans les bras de ton papa, c’est là que je réalise que je suis maman, j’ai mené à bien ma mission, celle de te mettre en monde en pleine santé, les larmes piquent mes yeux mais j’essaie de ne pas craquer.

On commence à me recoudre, c’était comme si on prenait une couche de vêtements qu’on étirait, ce qui m’a un peu surprise. Et là mes problèmes commencent…Moralement je commence à craquer, je me sens inutile. Physiquement j’attrape super mal en haut du dos, ma tension augmente dangereusement (19/11) malgré le Loxen dans la perfusion, j’ai des palpitations, j’ai tellement mal que j’hurle de douleur, pourtant je ne suis pas douillette mais j’ai l’impression que je vais mourir. L’obstétricien se demande ce qui se passe car je remue tellement qu’il a du mal à finir son travail. Les anesthésistes s’affolent, ils me re-testent avec un coton humidifié, ils ont peur que je fasse une réaction à la rachi, ils me réinjectent des calmants dans ma perfusion et parlent de faire venir le cardiologue de service. Finalement les calmants commencent à agir…c’est l’interne en obstétrique qui est chargé de recoudre la 4ème couche, celle de la peau.
Le docteur me félicite pour ce si beau et gros bébé que tu es…Il trouve que tu me ressembles mais il paraît qu’il dit ça à toutes les mamans

On m’emmène à présent en salle de réveil…Premiers moments à trois où nous échangeons notre vécu…la sage-femme te met au sein puisque j’ai choisi de t’allaiter mais tu es si endormi que tu ne têtes pas…le pédiatre qui t’a suivi ensuite m’a dit que c’était certainement dû, non seulement à tes 6 semaines d’avance mais aussi à l’Atarax. Nous faisons du peau à peau sous une couverture chauffante, il n’y a que quelques passages rapides du personnel médical surveillant mes saignements, ma poche urinaire et ma tension, elle est revenue à 14/8.

Au bout d’une heure Papa nous laisse afin d’annoncer ta naissance à Mamie et à Mémé et les rassurer sur notre santé. Il est revenu bien vite auprès de nous.

11h30 : Papa et moi nous remontons dans la chambre, toi tu es parti un peu avant car on doit te mettre en incubateur car ta température est un peu basse. Tu y resteras trois jours mais toujours dans ma chambre. Il n’y a que les 5 premières nuits où l’on vient te chercher pour te mettre en nurserie pour que je puisse me reposer.

L’après-midi, visite de Mamie, de Marraine et de ma marraine, je suis exténuée mais elles n’ont pas pu attendre pour te voir. Je suis malade comme un chien, les trois premiers jours ont été les plus pénibles avec les maux de ventre, le fait de devoir être allongée sur le dos, de ne pas pouvoir se tourner, d’avoir cette fichue sonde urinaire qu’on m’a enlevé le lendemain heureusement. Le lendemain toujours, j’ai réussi à aller jusqu’au fauteuil, pliée en deux comme une petite vieille, si tu m’avais vu, je n’avais pas fière allure ! Le plus dur pour moi a été de ne pas pouvoir m’occuper de toi pendant les 3 premiers jours tellement j’avais mal au ventre.
J’ai fait une petite dépression du post-partum, oui toutes ces semaines d’angoisse qui ont précédé ta naissance ont été dures à oublier…malgré le bonheur de t’avoir en bonne santé.
Ma cicatrice m’a fait mal pendant 4 semaines, au bout de 8 semaines, j’ai pu recommencer à porter du lourd…

Voilà tu sais tout mon enfant, toutes les circonstances de ta naissance, mes états d’âme, mon vécu, mon ressenti de ces évènements…Une cicatrice de 12cm pour toute une vie d’amour avec toi !

Gros bisous mon Quentin !




    

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