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Auteur : Valérie | Date : 10/10/2007

A la découverte d'un service de néonatalogie


néonatalogie

Quand on décide d’avoir un bébé, on s’imagine –fatiguée- mais rayonnante de bonheur avec notre nouvelle petite famille à la maternité. Les proches qui viennent souriants découvrir notre magnifiiiiique progéniture, les félicitations, les cadeaux… Tout ce bonheur… Bébé = maternité, point.


Pourtant à quelques couloirs de cette maternité il y a deux portes fermées et sur ces portes cette indication : NEONATOLOGIE.
La néonat, tant qu’on n’a pas passé ses portes, tels des initiés (mais initiés à un truc dont personne ne veut), on n’imagine pas… Même quand on sait que la grossesse se passe plutôt mal on n’imagine pas. Quand on est hospitalisée pour grossesse à risque parfois, on peut visiter… Mais parfois les choses sont si urgentes qu’on a le temps de rien, ça a été mon cas…


Rentrée à l’hopital un samedi soir, césarienne le lundi midi. A 26 SA. Tôt. Trop tôt.
Et là, ils disent quoi les médecins ? Pas grand-chose, il n’y a pas grand-chose à dire… Le bébé a plus de chances à l’extérieur, même si les chances sont relativement minces. Il ira en néonatologie où on prendra bien soin de lui… De toute façon tu n’écoutes qu’à peine, ça tourne dans ta tête « c’est trop tôt, mon bébé va mourir… » (oui je suis un exemple de positivisme.)
Tout reste flou… Jusqu’à ce qu’on passe les portes.


Dans l’après midi de la naissance de notre fille, mon mari est bien sûr allé la voir (pendant que je me shootais à la morphine…), il est revenu avec une carte magnétique qui nous permettrait d’entrer et les consignes : les parents viennent quand ils veulent, les visites sont autorisées mais pas plus de deux visiteurs par jour, toujours avec un des parents, deux personnes maximum par chambre, pas d’enfants. (Bon il avait aussi des nouvelles du bébé, mais on parle néonat ici, alors…)

néonatalogie
Notre quotidien à partir de là, ça a été :
- Arriver devant les portes, passer la carte, bip, les portes s’ouvrent sur le grand couloir calme.
- Entrer dans la chambre, mettre ses affaires au vestiaire, se laver soigneusement les mains eau-savon-gel hydroalcoolique, passer une blouse.
- Aller voir son bébé, lui dire bonjour, regarder le cahier de suivi pour essayer de comprendre comment ça va, attendre une infirmière qui donnera les nouvelles plus directement. Passer du temps avec bébé, au maximum.
- Quitter la chambre le cœur lourd, entendre les portes se refermer derrière soi. Rentrer à la maison, seuls, et attendre le lendemain.


Née à 26 semaines, nous avons pratiqué la néonat pendant trois (longs) mois et demi. C’est impressionnant au départ mais on fini vite par connaitre le principal.

néonatalogie couveuse
D’abord la couveuse. Premier contact avec son enfant en passant sa main à travers un hublot. Premiers changements de couche de la même façon, imaginez vous changer votre bébé de côté, les mains dans deux hublot. Difficulté supplémentaire : votre bébé fait 30cm et moins d’un kilo, il est de plus relié à toutes sortes de machines. Ca fait un peu peur mais en fait, on prend vite le coup ! On a changé la première couche à 8 jours et au fond ça nous permettait d’être un peu plus « parents » nous qui ne pouvions pas prendre notre enfant sans l’aide d’une infirmière (premier peau à peau à 6 jours).


Bébé est relié à toutes sortes de machines, ce qui crée des BIP BIP parfois qui ne manquent pas d’alarmer les visiteurs ou les nouveaux parents. En réalité on apprend vite :
Le monitoring donne la fréquence cardiaque, la fréquence respiratoire et le taux d’oxygène dans le sang (saturation). Il y a deux sonneries, une d’alerte où on peut par une simple stimulation aider bébé à se reprendre, et une plus inquiétante qui nécessite déjà plus l’intervention d’une infirmière.
Il y a aussi une autre sonnerie, tout est centralisé pour que les infirmières même en plein soin sachent s’il y a un problème pour un autre bébé. Ce n’est pas le même son, on reconnait vite et on n’y prête plus attention, par contre je ne compte pas le nombre de fois où nos proches ont bondi en entendant cette sonnerie alors qu’on leur répondait « non c’est pas elle, c’est un autre bébé… »
Le monito est notre ami, on le regarde souvent, on le scrute lors des problèmes en croisant les doigts, en regardant les chiffres peu à peu remonter… C’était notre premier regard en entrant dans la chambre, voir comment ça va (ça fait bizarre dit comme ça mais quand bébé est au fond d’une couveuse, tant qu’on est pas à côté c’est l’écran que l’on voit le mieux et qui nous informe.


Il y a aussi l’appareil à oxygène : intubation, Cpap, lunettes… selon la maturité respiratoire du bébé.
Et la sonde naso-gastrique qui nourri bébé, millilitres par millilitres.


Voilà tant qu’elle était en couveuse nos visites se résumaient à cela : changer la couche, contrôler la température, attendre l’infirmière pour le peau à peau, garder un œil sur les constantes, appeler l’infirmière pour qu’elle la reprenne. C’est peu et pourtant c’est déjà pas mal


Et puis notre fille a grandit, pris du poids, elle a fini par quitter la couveuse et nos responsabilités de parents ont été plus grandes : nous avons pu donner le bain !


Mais donner le bain signifie aussi apprendre à gérer les machines. Couper le monitoring, débrancher, s’occuper du bébé, remettre les électrodes et le capteur de saturation où il faut, rebrancher, rallumer le monitoring, espérer que tout ait été mis et fonctionne correctement, sinon c’est à recommencer. Voilà où on en était à la fin, plus besoin d’infirmière, on a fini par être à l’aise avec le matériel.
Tout ce matériel médical fait peur de prime abord mais on apprend à vivre avec, il rassure même, et à la fin, comme disait l’infirmière « maintenant, le plus dur est d’apprendre à ne plus regarder le monito mais votre bébé » devenir des parents « normaux », finalement…


Côté technique, finalement la néonat ce c’est pas difficile, ce qui est le plus dur à vivre c’est de ne jamais savoir, tout peut basculer d’un jour à l’autre, les médecins ont toujours tenu des propos très nuancés… Pendant ces trois mois, j’ai simplement attendu… Attendre les résultats des divers examens, attendre que notre puce prenne du poids, grandisse, se sèvre de l’oxygène, sache téter, attendre le moment d’aller la voir, attendre la sortie… et espérer…


Ca fait deux ans que les portes de la néonat se sont refermées sur nous trois, les moments d’angoisses sont derrière nous, les blessures toujours présentes mais on peut aussi regarder cette période différemment… Quelque part, ça a été enrichissant, on a appris beaucoup de choses que ce soit sur le plan médical comme sur nous-mêmes, nos capacités, notre force…
C’est une expérience souhaitable pour personne, mais si on doit y passer, elle n’est pas à craindre, tout repose sur notre bébé, tout ce que l’on peut faire c’est lui faire confiance, lui montrer qu’on est avec lui. Si petits soient ils, ils ont une force et une envie de vivre incroyables.

Article écrit par Séverine B. Merci pour ton témoignage <3

Source photo : Séverine B.




    

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