Pourquoi la femme enceinte est-elle plus fragile face au virus de la grippe A ?
Les cas rapportés chez des femmes enceintes font état plus fréquemment de formes graves sur le plan respiratoire, avec des cas répertoriés de décès (lors de traitement tardif et/ou à plusieurs terrains à risque).
La virulence du virus cible plutôt les femmes jeunes, il est donc nécessaire de réagir immédiatement en cas d’infection afin d’octroyer un traitement efficace.
Les femmes enceintes sont en effet par définition nées après la pandémie gripalle de 1957 qui semble conférer dans cette tranche d’âge une certaine immunité au virus. Cela n’est pas spécifique de la grossesse, mais de la population particulièrement jeune qui est concernée.
Le second déterminant est la fièvre et le syndrome inflammatoire. Ceux-ci peuvent entraîner des fausses couches, des menaces d’accouchement prématurées, et des morts foetales in utero en cas d’élévation importante.
Traitement chez la femme enceinte
La neuraminidase est la protéine virale qui permet aux particules virales de pouvoir diffuser dans le circuit sanguin et ainsi, d’aller infecter les cellules saines adjacentes. Les inhibiteurs de la neuraminidase empêchent le virus de pouvoir traverser la membrane plasmique de la cellule hôte infectée. La cellule ainsi surchargée par les virions est détruite avec le virus.
En cas de pandémie, ces inhibiteurs sont l’oseltamivir (Tamiflu®) et le zanamivir (Relenza®) qui possèdent une très grande efficacité dans la lutte contre les souches virales de type Influenza et pourraient notamment se révéler aussi efficaces contre la souche A.
Il n’existe pas de données scientifiques de certitude. Les recommandations sont donc susceptibles de changer en fonction des informations collectées tout au long de l’évolution de la pandémie, n’hésitez pas à actualiser vos recherches sur le sujet à l’avenir.
En l’absence de données fiables, l’OMS déclare que le bénéfice au traitement est supérieur aux risques de traiter une femme enceinte. La recommandation du 31 juillet 2009 est donc de traiter systématiquement les femmes enceintes dès le début des symptômes.
En présence de signes respiratoires, un syndrome fébrile doit entraîner une consultation hospitalière dédiée avec prise en charge obstétricale concomitante au cours de laquelle sont recommandées :
- la réalisation d’un prélèvement nasopharyngé pour recherche virologique
et
- la mise sous traitement antiviral curatif par oseltamivir4, quel que soit le trimestre de grossesse et la présence ou non de facteurs de risque.
L’hospitalisation en secteur dédié d’une femme enceinte présentant un syndrome fébrile associé à des signes respiratoires est conseillée dans les cas suivants :
- Présence de signe(s) de gravité maternelle ou foetale et/ou
- Présence d’un facteur additionnel de risque de grippe grave et/ou
- Suspicion de surinfection bactérienne respiratoire haute ou basse et/ou
- Doute sur un autre diagnostic associé.
Lors de la suspicion d’un cas de grippe dans l’entourage familial d’une femme enceinte non malade, la mise sous traitement antiviral en prophylaxie est recommandée, quel que soit le trimestre de grossesse et la présence ou non de facteurs de risque.
Demandez toujours conseil à votre mèdecin en cas de contact avec une personne atteind du virus A/H1N1
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