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Semaine mondiale de l’allaitement : mon allaitement plein de surprises

A mon tour de vous raconter l’allaitement de mon loustic, né il y a 14 mois.

Pour moi c’était évident, depuis des années, que j’allaiterais mes enfants. J’ai vu ma mère allaiter ma petite sœur, même si je n’en ai aucun souvenir précis, cette image a forgé en moi cette évidence.

Mais dans le même temps je savais que je reprendrais le travail juste après mon congé maternité, donc réaliste, je m’étais fixé comme objectif d’allaiter pendant ce congé, et de sevrer mon bébé à sa rentrée à la crèche.

 

A la maternité

Mes rêves d’allaitement en salle de naissance ont été bien mis à mal après l’accouchement : mon bébé, en souffrance fœtale, a nécessité une hospitalisation en néo-nat pendant 2 jours.

Ce n’est donc que 24h après sa naissance, après avoir dû négocier avec le personnel, que j’obtiens l’autorisation de tenter une première tétée : mon loustic n’arrive pas à attraper le sein, il est tellement stressé par notre séparation. On retente le lendemain, on sent qu’il commence à mieux s’y prendre, et je tire mon lait histoire de provoquer la montée de lait. Mais c’est seulement quand je peux enfin le prendre avec moi à la maternité, à son 3ème jour, qu’on peut vraiment commencer l’allaitement.

A la maternité les conseils sont divers, surtout que je suis tout le temps obligée de demander de l’aide à cause de ma césarienne qui m’empêche de porter mon bébé. Tous les conseils ne me conviennent pas, même s’ils sont toujours donnés avec beaucoup de bonne volonté, mais ils me permettent de faire le tri : je trouve les trucs qui me conviennent, et ceux que je ne veux pas reproduire (plaquer bébé contre le sein).

 

L’allaitement se met en place

Au retour à la maison, l’allaitement est encore très chaotique, mon loustic dort beaucoup, épuisé par sa naissance et son séjour en néo-nat, du coup il ne tête pas bien. Je m’adresse à une conseillère en allaitement qui me donne les conseils qui nous permettent de trouver le bon rythme. Reste encore le problème des crevasses, j’en bave pendant 1 mois, mais ça passe finalement, et l’allaitement devient un vrai plaisir.

 

Il existe une alternative

Afin de préparer l’intégration à la crèche, j’ai un rendez-vous avec la directrice de la crèche. Elle m’informe que si je souhaite tirer mon lait après la reprise du travail, la crèche accepte de le donner à mon bébé. D’un seul coup je découvre que je ne suis pas obligée d’arrêter cet allaitement qui m’apporte beaucoup de plaisir, et qui semble parfaitement convenir à mon bébé.

 

Allaitement et travail

Je décide donc de tenter le coup. Je tire mon lait deux fois par jour au travail, et je donne la tétée matin/soir/nuit. Cet allaitement fonctionne parfaitement jusqu’à la diversification vers ses 5 mois.

Les tétées se passent très bien, nous profitons de nos moments d’intimité. Après les moments très difficiles de sa naissance, je me suis rassurée sur ma capacité à être une maman pour mon fils. Au travail je suis obligée d’être plus organisée, mais comme mon travail est toujours fait personne ne me reproche mes absences.

Avec la diversification qui avance mon fils demande moins de lait, je peux alors me contenter de tirer mon lait une fois par jour au travail, ce qui me permet de m’organiser plus facilement. L’allaitement reste donc son apport exclusif de lait jusqu’à ses 8 mois, puis on introduit un biberon de lait artificiel au goûter, en ne gardant que la tétée du matin et du soir.

 

Sevrage tout en douceur

Mon fils a presque un an lorsque des douleurs au sein se développent. Je ne supporte plus les changements de température sur le sein. Après un an d’allaitement, je décide que c’est le moment d’arrêter : on supprime donc la tétée du matin, puis quelques temps plus tard je n’ai plus assez de lait, et on supprime d’un commun accord la dernière tétée.

 

J’ai finalement allaité beaucoup plus longtemps que prévu, de deux mois prévus initialement, ils a finalement duré un an. J’y ai trouvé beaucoup de consolation après la césarienne, et j’ai adoré la relation très particulière que l’allaitement a créé avec mon petit garçon. D’un point de vue très pratique, j’ai aussi beaucoup apprécié la liberté donnée par l’allaitement : être toujours prête à nourrir son enfant, sans craindre les imprévus.

Si j’ai la chance d’avoir un deuxième enfant, j’espère que je pourrai à nouveau lui proposer un allaitement aussi long.

Annoncer à son patron qu’on allaite son bébé

Au retour du congé maternité l’allaitement s’est bien passé et vous voulez continuer de faire profiter bébé de votre lait malgré la reprise du travail.

Vous pouvez continuer d’allaiter matin/soir/nuit, mais pour la journée, il vous faudra sûrement tirer votre lait.

 

La loi est pour vous

En effet l’employeur ne peut vous refuser de tirer votre lait pendant une année à partir de la naissance de votre enfant.

Il doit vous accorder une heure par jour (sans obligation de rémunération, mais ça se négocie), et si votre entreprise est assez grande il doit même mettre à votre disposition un local pour tirer votre lait tranquillement.

 

Quand en parler

Vous pouvez contacter votre employeur un peu avant votre retour de congé maternité pour lui faire part de votre volonté de poursuivre l’allaitement.

 

S’organiser

Certains employeurs vont immédiatement bien réagir, vont vous indiquer comment organiser les choses au mieux, d’autres seront plus réticents. Il faut donc prévoir vos arguments, et anticiper au mieux ses objections pour lui montrer qu’il y a des solutions.

 

Local

Dans les faits je ne connais guère d’entreprise qui ait une salle d’allaitement, mais  peut être une infirmerie, ou alors une salle de réunion ou votre bureau si vous êtes seule et que ce n’est pas un bureau vitré. Il n’est pas si difficile de trouver un endroit où tirer votre lait.

 

Horaires

La pause tire-lait vient forcément perturber la journée de travail, mais pas tellement plus que la pause cigarette de vos collègues. Si vous ne pouvez vous mettre d’accord, la loi impose que ce soient 2 pauses de 30 minutes au milieu de chaque demi-journée. Mais l’idéal est qu’il vous laisse vous organiser en fonction de votre travail, vous pouvez ainsi profiter d’un creux dans la journée pour tirer votre lait.

 

Ce que dit la loi

Si votre employeur réagit mal à votre demande, prévoyez les textes de loi qui lui montreront que vous êtes dans votre droit, et qu’il ne peut vous refuser la possibilité d’allaiter au travail. Les principaux textes régissant les droits de la femme allaitante au travail :

L1225-30

Pendant une année à compter du jour de la naissance, la salariée allaitant son enfant dispose à cet effet d’une heure par jour durant les heures de travail.

 

L1225-31

La salariée peut allaiter son enfant dans l’établissement.

 

L1225-32

Tout employeur employant plus de cent salariées peut être mis en demeure d’installer dans son établissement ou à proximité des locaux dédiés à l’allaitement.