Interview PMA – partie 2 : pendant la PMA
La PMA « vue de l’intérieur » : interview de Cécile et Max, partie 2 : pendant la PMA
Nous retrouvons Cécile et Max, jeunes et heureux parents de Louise, née le 16 décembre dernier, qui ont accepté de répondre à nos questions sur leur long et laborieux parcours vers le plus beau des cadeaux : être parents ! Merci à eux et beaucoup de bonheur en famille !
Comment s’est passé le premier rdv ?
Bien. J’y suis allé seule car, pour moi, j’allais surtout voir une gynéco, je n’étais pas encore dans l’optique PMA, même si au fond de moi je me doutais qu’il allait y avoir des « suites »… Je n’étais pas trop inquiète, parce que je ne connaissais pas du tout la PMA… Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre !
Qui vous a orienté :
–> vers la PMA ?
Le hasard ! Au début, donc, j’ai juste voulu consulter une gynéco. Il s’est avéré que lors de mon appel pour le RDV, je suis tombée sur la boîte vocale (que je connais par cÅ“ur…) « vous êtes bien au cabinet du Dr XX, gynécologue obstétricienne et spécialiste de la fertilité, etc … »
  –> vers ce centre en particulier ? (proximité, réputation…)
Le centre PMA nous a ensuite été conseillé par cette gynécologue, car nous étions suivis par ma gynéco PMA sur Annecy, qui nous faisait les IACs et tout le reste. Mais, ensuite, nous avons dû aller sur Lyon pour les FIVs. Nous étions quand même suivis sur Annecy, et nous ne faisions le trajet à Lyon que le jour de la ponction et pour les transferts. Ma gynéco nous avait donc proposé 3 centres, en nous conseillant celui-là . J’avais et j’ai toujours une confiance aveugle en elle, donc je ne me suis pas posé de questions !
Vous êtes-vous sentis compris et bien pris en charge dès le début ?
Au début j’ai trouvé que c’était long… Mais encore une fois, parce que je ne connaissais rien à la PMA, parce qu’en réalité, nous avons été très bien suivis, et notre gynéco n’a vraiment pas trainé ! Pour le côté affectif, idem, au début je pensais que cette gynéco était un peu expéditive, pas très humaine… Mais j’ai ensuite réalisé que c’était son caractère, et je me suis vite rendu compte qu’elle était très impliqué pour nous !!!
Un diagnostic a-t-il été posé dès la première consultation ? Vous a-t-on proposé un traitement ou une solution dès ce premier rdv ?
Non, bien sûr que non ! Je lui ai apporté des courbes d’ovulations et un spermogramme (tout simple, pas celui avec test de migration survie et tout le toutim), elle a dit que ça ne servait à rien… Elle nous a donc prescrit un tas d’examens : pour Max, un VRAI spermocytogramme, avec spermoculture, test de migration/survie, et des sérologies ; et pour moi, une hystérographie, des sérologies, des échographies ovariennes à J3 et J14…
Lorsque vous avez compris que vous alliez être « obligés » de passer par la PMA, quelle a été votre réaction ?
Ça s’est fait en douceur finalement…
J’ai consulté une gynéco qui s’est transformé en spécialiste PMA, qui nous a fait faire des examens, a établi un diagnostic… et nous a dirigé lentement vers la PMA en commençant par des stimulations simples…
Moi je m’y attendais, de toute façon, et je crois que Max aussi… Nous n’avons pas eu une annonce brutale, donc ça a été. Mais on a quand même eu des passages difficiles, comme le deuil du bébé couette quand on est passé aux IACs… Pas facile… J’ai pleuré, pour ça!
Pouvez-vous détaillez votre parcours (diagnostic, différents examens et traitements entrepris)
Donc, on a commencé par hystérographie, spermogramme complet, sérologies et échos ovariennes (pour vérifier les follicules), et Max s’est fait ré-opérer de l’urètre (il a une sténose), ce qui a duré de septembre 2009 à janvier 2010. Résultat : trop de follicules qui ne grossissent pas pour moi, et oligo-asthénospermie pour Max.
On a alors commencé la stim simple (avec déclenchement et rapport programmé) sur 3 cycles (février, mars et avril 2010)
Ensuite on est passé aux IACs, juste 2 (juin et juillet 2010) parce que si ça ne fonctionne pas, ça ne sert à rien d’insister d’après notre gynéco !
Puis on a attaqué les FIVs, la 1ère en septembre 2010. Max a vu un andrologue qui a détecté une tension de l’épididyme, il a donc eu un traitement anti-inflammatoire, qui est en plus connu pour améliorer les qualités du sperme. Beau recueil et belle récolte : 17 ovocytes qui ont donné 9 embryons, ce qui a permis 4 transferts de 2 embryons (un n’a pas résisté à la décongélation) de septembre à décembre 2010.
On a laissé passer les fêtes…
J’ai eu une hystéroscopie pour vérifier si rien n’empêchait l’accroche en mars 2011. Résultat : endométrite. Donc, traitée aux antibiotiques et anti-inflammatoires.
Avril 2011, nouvelle FIV, Max a repris ses anti-inflammatoires, 11 ovocytes ont été ponctionnés, qui ont donné 7 embryons, puis 7 blastocystes !!! Un taux de blastulation de 100%, c’est exceptionnel!! Transfert de 2 embryons frais… La suite : Louise est née presque 9 mois plus tard…
Quels changements la PMA a-t-elle amené dans votre vie quotidienne (travail, loisirs, couple…) ?
Nous nous sommes rapprochés, mais nous avons aussi traversé des moments pas terribles, car nous avons vécu chacun ça de manière totalement différente ! On comprenait la vision de l’autre sans y adhérer… Il a fallu qu’on travaille beaucoup sur notre ouverture d’esprit. Max a énormément culpabilisé, même si je lui répétais sans cesse qu’il n’y était pour rien, que c’était « comme ça »… Côté sexualité, ça a changé beaucoup de trucs, le plaisir est devenu secondaire… Max avait l’impression d’aller à l’usine… c’était très dur! Et ça ne s’est pas encore vraiment arrangé. On a eu seulement 2 rapports durant ma grossesse, qui pourtant s’est très bien passé, on n’avait aucune contre-indication ! Je crois qu’il faut qu’on se réapproprie nos corps…. Question boulot, nous n’avons pas été embêtés. Max est responsable de son service, il fait donc un peu ce qu’il veut. Moi j’ai un chef super cool, et ma société fonctionne avec un système de banque d’heures, donc on peut s’absenter quand on veut, tant qu’on fait nos heures ! Niveau loisir, ça n’a rien changé. Je faisais un peu plus attention en 2nde partie de cycle quand j’avais eu un transfert… Mais rien d’exceptionnel.
Comment diriez-vous que vous avez vécu « émotionnellement » :
  –> les traitements ?
Pour moi : un peu dur au début, les piqûres… Ensuite je m’y suis habituée… Il n’y a que quand je devais cumuler les piqûres que c’était difficile). Max, lui se régalait de me piquer!
 –> les « échecs » ?
Pour moi : horribles ! Des micros dépressions de quelques jours (4 ou 5). Max, lui s’en voulait à mort de me faire subir ça (c’est ce qu’il se disait, hein ?!). Il prenait tout sur lui, pour me soutenir, alors qu’il souffrait autant que moi… Le pauvre…
  –> les répercussions des traitements et des examens ?
Des espèces de baby blues : les larmes sortent toutes seules sans vraiment savoir pourquoi. Et aussi un peu de poids. Mais sinon pas grand chose!
Avez-vous parlé de vos difficultés de procréation et de votre parcours PMA à votre entourage ? Quelles ont été les réactions ? En avez-vous été satisfaits ?
Quand on a attaqué les FIV, les gens ont dû penser que c’était sérieux !
Je me suis confiée à mes amies très proches. Elles ont étés géniales dans le sens où elles ne me posaient pas de questions tant que je n’abordais pas le sujet (sauf une qui me saoulait tout le temps et faisait bourdes sur bourdes en me demandant si ça avait marché le jour ou mes règles arrivaient !!!). Max en a parlé à ses meilleurs amis et à ses parents… Ses amis nous ont assez bien soutenus. Son père ne nous en parlait jamais, sa mère n’en parlait qu’avec moi… Au début je crois qu’elle n’a pas vraiment comprit la « gravité » du truc et donc un peu maladroite, mais ensuite elle a fait beaucoup plus attention! Puis ils ont « laissé tomber » je crois, ils ne nous en parlaient jamais… Elle pensait ne jamais être grand-mère…


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