J'avais tout envisagé,
mais j'avoue que je rêvais d'un accouchement aussi normal
et phyiologique que ma grossesse: naturel, sans péridurale,
choix de la position... Mais le destin en a voulu autrement!
Jeudi 3 août, 5h58: je suis réveillée par un
bruit sourd intérieur, comme un ballon qui éclate.
Je repense à ma maman qui m'avait parlé de la même
impression... Je me retourne dans le lit, je sens de l'eau qui coule
entre mes jambes, un peu. Je me dis "ça y est, c'est
ça!!". Je me lève pour aller aux toilettes et
voir si ce n'est pas un pipi malencontreux!! Je marche et l'eau
coule, doucement, par petites pertes. Je me décide à
réveiller mon mari, qui s'est couché à 4h!!
Il me demande si je suis sûre de mon coup ("non non,
je te fais une blague!!" pfff les mecs!! Clin d'oeil). Je vais
à la salle de bain préparer ma trousse de toilette.
Je suis euphorique, heureuse, excitée comme une puce!!! Ca
y est je vais accoucher!!! Je prends un petite douche, et là,
je sens encore une fuite d'eau très claire: bon c'est bien
ça!! Nous partons pour la maternité vers 6h30, excités
comme tout: on va rencontrer notre petit Valentin!!
Arrivée à la maternité vers 6h50: je rentre
en salle d'examen pour faire un monitoring. Tout est parfait, le
bébé va très bien. Je suis complètement
dilatée mais toujours ouverte à 1 cm. Les contractions
douloureuses commencent, mais je supporte!! On nous laisse là
pendant 3/4 d'heure, avec le monitoring. Il faut attendre encore.
Pendant ce temps, mon mari suit les contractions sur le monitoring:
elles ne sont pas encore très régulières ni
très fortes. Une sage femme revient: elle m'explique tout
en large et en travers: le déroulement du travail, que l'on
va m'emmener dans une chambre, que je pourrais marcher, me relaxer
pour aider bébé à descendre... Tout est parfait:
il n'y a plus qu'à souffrir et attendre ! Très
souriant Je suis souriante, mon mari me fait rire entre 2 contractions
(régulières d'ailleurs).
Puis, la SF me dit que l'on va quand même faire une petite
échographie, histoire de voir comment est mis le bébé.
Et là, coup de massue: Valentin s'est encore retourné!!
Il est en siège décomplété le coquin!!!
En 15 jours, le farceur a encore fait des galipettes dans mon petit
ventre... Mon sourire s'efface, je comprends ce qu'il m'attend:
j'ai perdu les eaux, on ne peut plus attendre, je dois passer par
la césarienne pour faire naitre mon bébé. La
SF (adorable, je ne la remercierais jamais assez) m'explique tout
en détail, avec sa voix douce et rassurante. Pendant qu'elle
part prévenir le bloc opératoire, des larmes coulent
sur mon visage, je craque doucement, en silence. Je suis terriblement
déçue. Mon mari me rassure, me prend dans ses bras
et me dit que tout ira bien. La SF revient et remarque mon chagrin,
et là, elle me dit alors des paroles que je n'oublierais
jamais: "Vous savez, cela n'enlève en rien à
tout ce que vous avez fait jusqu'à présent. C'est
vous qui l'avez porté pendant 9 mois, c'est votre bébé.
C'est vous qui allez le mettre au monde. On va tout faire pour que
ce jour soit le plus beau de votre vie, même si c'est une
césarienne. Vous l'aurez sur vous tout de suite, si sa santé
le permet." Ca peut paraitre des paroles anodines, mais moi
ça m'a réchauffé le coeur entre 2 larmes.
Je prends ma douche à la Bétadine et enfile une chemise
d'opérée et des chaussons... Ca y est, le protocole
médical que je déteste est lancé. J'ai peur.
La césarienne est une opération malgré tout.
8h-8h15: Je rentre au bloc, sans mon mari. C'est la préparation
qui est la plus longue: pose de la perfusion, rachianesthésie
(anesthésie de toute la partie inférieure du corps,
du torse aux pieds), rasage des poils pubiens, pose de la sonde
urinaire, masque d'oxygène (pour bien oxygéner le
bébé), champ opératoire... j'en passe! Il y
a plein de gens autour de moi: l'anesthésiste, les infirmiers
(4), le gynéco qui m'opère, la SF... Je ne peux pas
retenir mes larmes, mais je lutte: bientot mon bébé
sera là.
Puis tout va très vite une fois la césarienne lancée.
J'entends les bruits, je sens qu'on me fait des trucs mais évidemment
je ne sens aucune douleur.
9h01: j'entends quelqu'un dire "Bienvenue Valentin!" puis
quelques secondes plus tard, mon bébé pleure, crie!
Je ne vois encore rien, cachée par ce fouttu champ opératoire.
Je pleure de joie, ça y est il est là, oh mon Dieu!!
On me pose immédiatement Valentin sur la poitrine: qu'il
est beau!! Il est tout rose, oh son petit nez!! Je pleure, je ne
vois plus rien à force!! Clin d'oeil Mon mari arrive enfin
(il a préféré ne pas assister, il le pouvait
pourtant, en tant que médecin, mais il voulait, je pense,
garder sa place de papa). Il s'extasie aussi devant notre bébé.
Qu'il est mignon!!
Puis, mon mari part avec la SF pour les 1ers soins au bébé.
J'entends "2kg970 pour 46cm, mais il est plié, il doit
être plus grand!" On me referme. L'anesthésie
fait chuter ma tension, je me sens parfois partir ailleurs, mais
je lutte. Tout va bien, c'est fini.
Tout s'enchaine, on pose Valentin habillé sur moi et on
m'emmène en salle de réveil pour surveiller que l'anesthésie
ne fait plus d'effet. Il est 10h et c'est la 1ère mise au
sein pour Valentin. C'est timide mais il tète! Mon mari et
moi sommes aux anges. Ensuite, on part m'installer dans une chambre,
avec mon petit bébé tout mimi. On prend enfin le temps
de l'admirer, de le scruter ("oh il a une oreille pliée!
oh sa bouche est toute petite! et son nez, il est à croquer!!").
Les suites de césarienne sont moins magiques: réveil
de la douleur, pertes de sang, contractions utérines, douleurs
atroces, allongée et à jeûn pendant 24h, sonde
urinaire, perfusion, difficultés pour me lever... Le 2ème
et le 3ème jours sont les pires coté douleurs, et
c'est frustrant quand on doit s'occuper de son bébé.
Mais avec Valentin j'ai tout oublié très très
vite!!
Commentaires au sujet de la césarienne
Je dirais que j'ai plutôt bien vécu mon accouchement,
malgré la tournure d'urgence qu'il a pris. Je me rends compte
de la chance inouïe que j'ai eue d'accoucher là où
j'ai accouché: le personnel médical était plutôt
chaleureux et à l'écoute, mon bébé a
été posé sur moi dès sa sortie et mis
au sein dès la salle de réveil (1h après la
naissance de Valentin), la sage-femme était très gentille
et rassurante...
Je ne sais pas si ça vient de cela également, mais
je m'étais préparé un peu dans ma tête
à subir une césarienne, "au cas où"...
Et je pense que toute femme enceinte devrait s'y préparer.
Je reste malgré tout déçue de ne pas avoir
accouché par voie basse. J'ai ressenti un profond sentiment
de déception à l'annonce de la césarienne mais
je n'ai pas eu cette impression de n'avoir rien fait non plus...
C'est moi qui ai porté mon fils pendant 9 mois, la césarienne
était un coup de pouce, un "passage" obligé...
Je pense aussi que l'allaitement était pour moi évident
afin de combler ce moment un peu passif.
J'espère pouvoir acccoucher "normalement" pour
le second... Mais je suis prête à revivre une césarienne
aussi "belle" (je ne parle pas des suites!! Clin d'oeil)
si nécessaire. |